Interviews

Marie Bertherat

A l\'occasion de la sortie de Mirage sur Port d\'Amar, Marie Bertherat répond à quelques questions...

Après quatre ans d'absence, voilà les enquêtes du Samovar de retour. Avez-vous retrouvé vos personnages avec plaisir ?

 

La joie de revoir des amis de longue date ! Mes trois détectives, bien sûr, mais aussi Mme Rose, ex-trapéziste volante devenue gouvernante, Jacques et Vera Kerval, les parents de Lou, musiciens flottant de profession, Grodeck, le médecin légiste blindé, cet incapable de lieutenant Leduc et le sympathique inspecteur Francis Morel. Je les connais tous si bien que j’ai parfois l’impression qu’ils discutent dans ma tête. Mon boulot devient alors très simple : je n’ai qu’à noter leurs répliques ! 

En quatre ans, mes jeunes détectives, Lou et Stan, ont grandis, mûris. Ils sont prêts, avec l’aide de Constantin, oncle de Lou et ancien policier, à aborder des enquêtes de plus longue haleine. Mirage sur Port d’Amar est d’ailleurs deux fois plus long que les sept précédents opus de la série. 

 


Dans ce nouveau roman, vous avez réussi un mélange de roman policier et de roman d'espionnage. N'était-ce pas une gageure ?

 

Mirage sur Port d’Amar est avant tout un polar. Un homme – Gérard Canasson- meurt dans des circonstances mystérieuses, Lou, Stan et Constantin cherchent à comprendre ce qui lui est arrivé. Le récit de leur enquête alterne avec celui, rédigé à la première personne, d’un espion soviétique. Ce n’est qu’à la fin du livre qu’on comprend comment les deux histoires sont étroitement mêlées… Un roman dans le roman, finalement, en forme de poupée russe ! Et justement, c’est une matriochka dérobée au Samovar qui met les détectives sur la piste du meurtrier de Gérard Canasson.

  

Le roman est pour Constantin l'occasion de renouer avec ses racines russes. Comment vous êtes-vous documenté pour cette partie là ?

 

En 2009, j’ai publié un roman pour la jeunesse dont l’intrigue se passe en grande partie en URSS (Rendez-vous à la Datcha, L’Archipel), pour l’écrire j’ai longuement interrogé une amie russe, Nadiejda Charova, qui a vécu sous le régime communiste. Grâce à elle, j’ai beaucoup appris sur la vie quotidienne (et néanmoins fascinante !) des soviétiques. Pour ce qui est du KGB, les méthodes de recrutement des services secrets et la formation des espions, le récit autobiographique de Valeri Agranovsky, Confession d’un espion russe fut pour moi une véritable mine d’information. Tout comme le témoignage aussi poignant que formidablement documenté du journaliste anglo-russe Owen Mathews, Les enfants de Staline.