Signé Alouette

Signé Alouette

Pierre Very

<< Index des titres <<
Tout commence par une partie de colin-maillard. Noël, fils d’un magnat de la presse, a les yeux bandés par ses camarades, se heurte à un aveugle devant l’école.
Noël se prend rapidement d’amitié pour cet étrange personnage et décide, avec ses copains, de lui offrir un chien. Les adolescents découvrent que l’homme a menti sur sa cécité, qui n’est qu’un des éléments de son déguisement. Et puis il y a les messages codés qui s’affichent à une fenêtre, au dessus de la bijouterie en face de l’école. Sont-ils destinés à ce prétendu aveugle ? Que manigance-t-il ? Les garçons pensent aux préparatifs d’un braquage et décident de mener l’enquête, ignorant que l’un d’entre eux est en danger.
Fiche Livre

Titre : Signé Alouette

Auteur : Pierre Very

Collection : Chambres Noires

Date de parution : 2009-09-11

ISBN : 9782740425

MDS : 60228

Dimensions : 130x200

Prix : 9 €

Nombre de pages : 239

+ acheter sur www.fleuruseditions.com

Pierre Very

Pierre Véry est né à Bellon (Charente) le 17 Novembre 1900, d'une famille d'agriculteurs.Après l'obtention du Certificat d'Études, il exerce divers métiers puis ouvre une librairie à Paris et commence à fréquenter les milieux littéraires de l'époque en écrivant des chroniques à L'intransigeant.Son premier roman, Pont-Égaré, remarqué pour le prix Goncourt, paraît en 1930, suivi de Danse à l'ombre. Un roman "de mystère" : Le Gentleman des Antipodes, à la même époque, est récompensé par le premier Grand Prix du Roman policier et se révèle un vif succès, ce qui décidera de son orientation vers les romans policiers notamment aux éditions Gallimard qui lui consacreront une collection spéciale entre 1930 et 1940.En 1938, Les Disparus de Saint-Agil sont adaptés au cinéma et l'orienteront vers ce domaine en tant qu'activité parallèle. En 1952, un accident cardiaque l'éloigne des milieux cinématographiques et il se tourne un temps vers la production radiophonique d'une émission policière : Fait-Divers.Il renouera avec quelques films alimentaires (Papa, Maman, la Bonne et moi ), deux livres pour la jeunesse adaptés pour la télévision, et un recueil de nouvelles de science-fiction, avant de s'éteindre d'un second accident cardiaque en octobre 1960, année de la parution de Signé Alouette.

Pierre Very
Du même auteur

Extrait : Signé Alouette

J N Q P T T J C M F… Le panneau mystérieux avait disparu. Mais Dominique avait eu le temps de noter les lettres. Ce fut un jeu pour lui de déchiffrer ce cryptogramme, rédigé selon un code d’ailleurs enfantin. Il suffisait tout bêtement de remplacer chaque lettre par la lettre qui la précède directement dans l’alphabet. Cela donnait : I M P O S S I B L E Le panneau reparut. C’était l’autre face que l’on montrait à présent. B W B O U T B N F E J Le rideau retomba. – « Avant samedi », traduisit Dominique. Impossible avant samedi… Qu’est-ce que ça veut

dire ? Qu’est-ce qu’il va se passer dans le coin, samedi ? Il se frappa le front. – La bijouterie. J’aurais dû m’en douter tout de suite. Le faux aveugle n’est pas un policier, ni un espion. C’est un gangster. Il fait partie d’une bande qui prépare un hold-up. Et ils ont un complice dans la maison d’en face. Groslier objecta que c’était une curieuse façon, de la part du faux aveugle, de tourner le dos à la bijouterie pour recevoir des messages. – Et les lunettes noires, qu’est-ce que tu en fais ? Il y a un des verres qui est une glace : il fait rétroviseur, répliqua Dominique. Au sortir du cours, il se hasarda dans la maison d’en face et, sans être vu du concierge, grimpa au premier. Dans un couloir, une porte non fermée à clef ouvrait sur un débarras où étaient rangés des instruments de ménage : balai, pelle, seau, une cireuse, un aspirateur. Une fenêtre donnait sur la rue. Il écarta le rideau. Les camarades aux aguets sur le trottoir opposé firent signe qu’il s’agissait bien de cette fenêtre. Minutieusement, Dominique inspecta le débarras en s’inspirant des méthodes chères à Sherlock Holmes. Il ne recueillit aucun indice qui pût révéler l’identité de l’auteur des messages.

Tout ce qu’il trouva, ce fut, dans le tiroir d’une petite table boiteuse, un fusain à dessin. Il avait servi à rédiger le message, évidemment. Question : le fusain garde-t-il les empreintes digitales ? C’était peu probable. Néanmoins Dominique, à tout hasard, emporta le fusain enveloppé dans son mouchoir – comme l’on doit faire, ainsi qu’il l’avait lu dans un traité de technique criminelle. Puis il rejoignit ses camarades. Impossible avant samedi. Samedi : cambriolage de la bijouterie ! « Si l’on pouvait assister au cambriolage, c’est ça qui serait… qui serait… » La cervelle de Dominique, ce chasseur-né, était en ébullition. – Si l’on pouvait capturer un des bandits ? Alors, là, ce serait… ce serait… – Tu es fou, Grand Chef ! jeta Baba au Rhum, terrifié. Le gangster aurait vite fait de t’expédier un « pruneau ». Ou de te démolir d’un seul coup de poing ! Ce qu’il faut, c’est aller au commissariat de police. – Tu me prends pour un indicateur ? – Non, bien sûr, Grand Chef. Moi, je disais ça…, bafouilla Baba au Rhum. Noël rêva toute la nuit d’aveugles. Des aveugles sarcastiques, qui le poursuivaient à travers des paysages chaotiques, le long de sentiers vertigineux en

bordure de précipices. Si vite qu’il s’enfuît, il en surgissait toujours un pour lui barrer le chemin. À croire que ces montagnes de cauchemar étaient remplies de faux aveugles à lunettes noires, barbe noire et moustaches à la gauloise qui se ressemblaient comme des sosies ; ils le menaçaient avec leur canne blanche qui devenait subitement une épée, un fusil, une sarbacane et ils se ruaient sur lui avec des rires d’ogres, le saisissaient, bondissaient dans l’abîme ; il leur poussait aussitôt de gigantesques ailes noires et ils l’emportaient, volant lourdement, en cercles, vers les entrailles de la terre et cette chute n’avait pas de fin… Noël s’éveillait en sueur. Marylayne dut lui faire prendre un comprimé de gardénal. Elle était rentrée, passé trois heures du matin, d’une réception organisée par l’Association des auteurs de films. Il y avait un ministre, un superpréfet, deux préfets, deux sous-préfets, tout le Théâtre, tout le Cinéma, toute la Presse. Bref : le Tout-Paris. Et trois grands metteurs en scène américains. Une soirée merveilleuse. Mais épuisante… Sortir du premier sommeil et des draps bien douillets, à quatre heures du matin, pour administrer un somnifère à un gamin agité : quelle fatigue ! Ce Noël choisissait toujours bien mal son moment.

– Vous devriez montrer cet enfant à un psychiatre, Hubert. Je vous assure qu’il n’est pas normal. – Vous êtes injuste envers lui, Françoise-Paule. Il est nerveux, voilà tout. – Eh bien, que ne l’envoyez-vous pour une année à Font-Romeu, dans un home d’enfants ? Les Wheller-Laroche y ont envoyé le leur et ils en sont ravis. En tout cas, je ne me sens pas la vocation d’infirmière, que voulez-vous ! Elle s’était rendue ensuite dans la chambre de Charles. Il souriait aux anges, en dormant. Marylayne avait effleuré d’un baiser infiniment maternel le petit front si pur et s’était retirée sur la pointe des pieds, tout émue. ” Le surlendemain matin, Noël fit part à Dominique de son intention de participer avec lui à l’action décidée contre les gangsters. – Saint-Moustique, va ! fit l’autre au milieu des rires. Mais Noël sortit de sa poche de somptueuses jumelles de théâtre, en nacre, cerclées d’or. – Et ça ? fit-il avec simplicité. Cela coupa les ricanements au ras des dents. Pour surveiller la bijouterie, la fenêtre du premier, et repérer les bandits, il n’y avait pas mieux !

Dominique porta respectueusement les jumelles à ses yeux et scruta les quatre points cardinaux. – Formidable ! Où tu les as eues ? – Elles sont à ma mère. Il faudra que je les rapporte dès que tu n’en auras plus besoin. – Demain tout sera réglé, puisque c’est demain, le hold-up, en principe. Il regarda encore dans les jumelles et conclut, sobrement : – Tu es quelqu’un ! Les éloges des grands chefs sont toujours sobres : c’est ce qui en fait le prix. Voir Napoléon : « Soldats, je suis content de vous… » Le coeur de Noël, soudain, fut comme un buisson d’églantines, tout fleuri. Juste à ce moment, un nouveau message apparut à la fenêtre au-dessus de la bijouterie. Avec les jumelles, Dominique put le capter sans peine. E F N B J O C’est-à-dire : D E M A I N Ce message confirmait le précédent. Le hold-up était bien pour demain samedi. Mais à quelle heure ? A suivre ...

Sélections et prix

Cyrille Meyer

Sa bio

Du même illustrateur