La fin du monde

La fin du monde

Fabrice Colin

<< Index des titres <<
Futur proche. Les Etats-Unis ont déclaré la guerre à l’Iran, à la Libye puis à la Chine, et le monde entier craint une escalade nucléaire. Quatre adolescents, séparés par des milliers de kilomètres et des siècles d’Histoire, sont pris dans cette tourmente. Ils se donnent alors rendez-vous dans une base protégée pour échapper au désastre. Mais pourront-ils s’y retrouver à temps, sains et saufs ?
Fiche Livre

Titre : La fin du monde

Auteur : Fabrice Colin

Collection : Autres Mondes

Date de parution : 2009-01-16

ISBN : 9782740424

MDS : 60156

Dimensions : 130x200

Prix : 9 €

Nombre de pages : 200

+ acheter sur www.fleuruseditions.com

Fabrice Colin

Né en 1972, Fabrice Colin est sans doute l'auteur le plus talentueux de sa génération. Il a déjà publié en adulte près de vingt romans, de la fantasy principalement, mais aussi de la science-fiction et de la littérature générale teintée de fantastique : Les Vertiges d'Arcadia, Or not to be, Les Confessions d'un mangeur d'opium (en collaboration avec Mathieu Gaborit), Dreamericana (Grand Prix de l'Imaginaire 2004), Sayonara Baby, etc..

Fabrice Colin écrit aussi pour la jeunesse où il excelle. Son premier roman en direction du jeune public, Les Enfants de la Lune (Autres Mondes, septembre 2001, Prix de la Peep 2002), a été salué par le Monde qui parle de « grâce aérienne et un peu nostalgique » et de « magie entêtante ». Séduit par Autres Mondes, Fabrice Colin est devenu un pilier de la collection. Il est aux sommaires des anthologies Les Visages de l'humain (2001) et Premiers Contacts (2005), a signé un exaltant Projet oXatan (2002) qui a dépassé les 13 000 ex vendus et accumulé les prix (15ème Livre d'Or de Valenciennes, Prix Gayant-Lecture de Douai, splendide Prix des Incorruptibles 2003-2004), un surprenant CyberPan (Grand Prix de l'Imaginaire 2004), un hilarant Mensonge du siècle (2004) et un effrayant Invisible, qui dénonce les dangers de la nanotechnologie.
Avec Memory Park, il s'interroge sur une humanité en proie aux démons du génocide et sur le douloureux travail de la mémoire.

Du même auteur
Autres Mondes
Les enfants de la lune Projet oXatan Cyberpan Le Mensonge du siècle Invisible Memory Park

Extrait : La fin du monde

Je domine la baie à présent. San Francisco scintille au loin sous le fog. Muni d'un café latte et d'un doughnut chocolat acheté dans un dinner, je laisse la Nissan dans un coin et descends me dégourdir les jambes.

Pas un chat.

Je remonte dans la voiture et essaie d'appeler Lauren - sans succès. Plaçant mon siège en position détente, je m'allonge et m'étire, mes écouteurs en place. Quand j'ouvre les yeux, une bonne heure a passé et la musique est toujours là, basses martiales et guitares éraillées.

Quelque chose m'a réveillé. Une lumière. Un choc.

Je descends du Roadster, ôte mes écouteurs. Deux autres voitures sont garées sur l'aire de repos. Trois personnes se tiennent derrière le petit parapet de pierre qui surplombe le vide. Elles fixent l'horizon. Je m'approche. L'espace d'une seconde, j'ai l'impression de dormir encore.

Un gigantesque magma de fumée s'élève dans le ciel.

Il s'embrase.

Debout à mes côtés, une jeune femme se détourne en gémissant et part vomir dans un fourré. Les autres sont comme moi : immobiles, terrassés.

Non... murmure quelqu'un.

Le champignon s'élève jusqu'à des hauteurs stratosphériques. Puis il explose, littéralement. La jeune femme revient en titubant, s'accroche à son copain.

Non, répète ce dernier en secouant la tête, ils n'ont pas fait ça, non !

Soudain, il regagne sa voiture en courant.

Je croise le regard de la fille. Là-bas, sur la ville, le champignon s'effondre majestueusement sur lui-même. Telle une onde de choc, la base s'étend dans toutes les directions. Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau et d'aussi terrifiant.

Il faut partir d'ici, dit le conducteur de l'autre voiture.

Je sors mon portable de ma poche. Plus de réseau.

La fille rejoint son copain à reculons en trébuchant. Il la tire par le bras, la pousse dans la voiture. L'homme qui se tient à mes côtés consulte sa montre. Il est 8 h 16. Quel jour sommes-nous ?

Vous avez de la famille ?

Je le dévisage sans réagir. Il hoche le menton vers San Francisco.

En ville, reprend-il : vous avez de la famille ?

Non.

Il ôte ses lunettes et s'essuie délicatement le front. Il doit avoir une soixantaine d'années. Il sourit.

Moi, j'ai ma femme et mes deux filles.

Je voudrais lui dire que je suis désolé mais les mots restent bloqués dans ma gorge. La seconde d'après, le sol se dérobe sous mes pieds. Tombant à genoux, je m'accroche au parapet. Une secousse, brutale. Je me relève, abasourdi. La voiture du couple s'en est allée. à toute allure, l'horizon s'obscurcit, les brumes retombent sur la vallée. Vacillant, mon voisin sort un paquet de cigarettes de la poche de sa veste.

Vous fumez ?

Je fais non de la tête. Il sort un briquet, et la flamme jaillit.

C'est la fin, dit-il. Le début de la fin.

A suivre ...

Sélections et prix

Benjamin Carré

Benjamin Carré est né en 1973 en région parisienne. Après un bac sciences éco passé en 1992 (« quand on n'est pas sûr d'arriver, ben on assure les arrières ») , il entre dans une école d'art graphique (l'ESAG à Paris).
Sorti en 1997, il débute dans le jeu de rôle (Néphilim), puis travaille pour l'édition (J'ai Lu, Denoël, Gallimard) et enfin dans le jeu vidéo (Alone in the dark). Dès 2001, il reçoit le Grand Prix de l'Imaginaire et le prix Visions du Futur pour ses illustrations de couvertures, et, en 2006, ses pairs lui remettent aux Utopiales le Prix Art&Fact. Sa première bande dessinée (Smoke City) paraîtra chez Delcourt en mars 2007.

Ses outils sont le PC, Photoshop et la tablette graphique. Benjamin Carré vit et travaille sur Paris. Il est actuellement concept designer de la société Darkworks (développeur de jeux vidéos). Memory Park est sa première collaboration pour la collection « Autres Mondes ».

Du même illustrateur
Autres Mondes
Memory Park Les Orphelins de Naja